Tramadol : nouvelle crise ou simple alerte ?

La semaine dernière, un de nos experts me signale une possible crise : tramadol pourrait être interdit en raison de ses effets secondaires. Reflex de veilleur : je décide de voir ce qui se passe sur les blogs et les forums patients. J’y détecte des signaux faibles.

Le contexte. Les 25 et 26 janvier 2012, Le Parisien, Le Monde et 20minutes.fr publient chacun un article sur tramadol. Suite à la suppression de Di-Antalvic en 2011, les ventes de tramadol ont augmenté de 30%. Et en même temps, la fréquence des effets indésirables. L’AFSSAPS l’avait mis sous surveillance en 2011 et s’apprête à rendre son rapport.

La veille pour en savoir plus. Je mets en place une surveillance avec les mots-clés suivants : tramadol, Ixprim, Contramal, Topalgic. Ces 4 médicaments sont cités dans la presse grand public.

Sur la blogosphère tout est calme… La volumétrie m’indique que nous n’avons pas à faire à une crise : 49 verbatim collectés depuis le 15 janvier sont insuffisants pour qualifier l’incident de crise. Même si les internautes ont réagi à la publication des articles de presse : 20 verbatim sont publiés les 25 et 26 janvier.

… Ou presque calme. 4 signaux faibles m’indiquent que nous devons être en alerte :
1. Des avis négatifs. Sujet de mécontentement : les effets indésirables de Tramadol, dont l’accoutumance.

2. Des patients très critiques. Nous ne sommes pas dans la sphère publique. Les patients sont les experts du sujet puisqu’ils sont consommateurs. Et en cela, ils sont LA communauté influente : les autres internautes les écouteront si la crise éclate.

3. Des expressions choquantes. Je relève certaines formules illustrant les difficultés rencontrées par les patients. Le ton est donné, la voix ouverte à la rumeur :
« un esclavage au tramadol » « je viens de jeter toutes mes boîtes de Topalgic » «les effets secondaires sont importants » « j’en ai pris deux fois et plus jamais » «ce produit ne doit jamais être donné aux personnes âgées » « le tramadol finit par devenir une dépendance » « des effets secondaires plus insupportables que la douleur » « effets secondaires catastrophiques »

4. Reste l’efficacité. Elle motive malgré tout les patients à continuer leur traitement. En cas de crise, ces patients-là devront être écoutés attentivement. Car ils contribuent à la bonne réputation du produit.
« avec ce médicament, plus de douleur » « seul le tramadol me permet de tenir encore debout » « je n’ai qu’une peur, que ce produit disparaisse » « c’est le seul médicament qui la soulage » « il [tramadol] est donc essentiel pour moi » « c’est mon médicament miracle » 

La crise peut être anticipée grâce à la détection de signaux faibles. Ils sont subtils à identifier. L’analyse continue des verbatim est indispensable pour les reconnaître. Rester en alerte est le maître-mot.

Avez-vous suivi cette alerte de votre côté ? Qu’en avez-vous pensé ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur notre étude et sa méthodologie, contactez Ingrid Aubry.

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